Retraites : 9 français sur 10 opposés à une baisse des pensions !

mardi 8 septembre 2009
par  vm
popularité : 91%

Avec l’allongement de la durée de cotisation, portée à 40 ans pour tous au nom de l’équité, et avec l’objectif de 41 en 2012, le gouvernement actuel comme le précédent, prétend toujours vouloir « sauver les régimes par répartition ».
Esquivant le débat sur le fond, il entretient un catastrophisme ambiant. Excluant d’accroître les financements des régimes par répartition, les gouvernements de 1993, 2003 et 2008, prétendent maintenir le niveau des pensions en incitant à travailler plus longtemps par des pénalités financières.
Mais cette politique qui s’affiche au nom du « bon sens » (on vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps) ignore la réalité du travail et de l’emploi, la dureté des fins de carrière, ignore les effets de l’entrée plus tardive des jeunes dans la vie professionnelle et l’impact du chômage, de la précarité et des carrières particulières des femmes.

C’est dans ce contexte que vient d’être rendu public un sondage* qui semble attester que la population française n’est pas prête à encaisser un nouveau recul de ses droits dans ce domaine :
- 89,5% des sondés estiment inacceptable une baisse des pensions.
- 65,9% refusent toute augmentation de la durée de cotisation.
- 63% sont contre un relèvement de l’âge de départ.

En réalité, et quel que soit l’angle d’attaque (baisse directe des pensions, augmentation de la durée de cotisation ou relèvement de l’âge de départ) c’est la baisse des pensions (autrement dit la baisse du "salaire différé") qui est le véritable objectif des réformes en cours.
Pour éviter la paupérisation des retraités que l’on voit se développer notamment au Royaume–Uni (voir l’article), il faut augmenter les financements pour garantir leur niveau de vie.
Il y a deux façons de le faire :
- soit par l’épargne personnelle, l’assurance-vie, et l’accumulation de patrimoine pour ceux qui en ont les moyens, profilant une société encore plus inégalitaire et que nous refusons
- soit par un financement solidaire accru des régimes par répartition...

Pour la FSU il s’agit évidemment d’un choix de société qui suppose d’accroître le financement des régimes grâce notamment à une répartition plus juste des richesses créées, et de penser de nouveaux droits pour prendre en compte les évolutions sociales.

Toujours selon ce sondage, 81% des personnes interrogées souhaitent que cette question soit soumise à un vote référendaire. Si cette voie devait être suivie, c’est un véritable travail de sensibilisation et d’explication que la FSU et l’ensemble des syndicats devraient mener afin de montrer que d’autres solutions sont possibles...

*Obea-IntraForces pour 20 Minutes et France Info

LES PROPOSISITIONS DE LA FSU

Elles reposent sur des principes :
- un système par répartition, pour garantir sur le long terme un niveau de retraite lié aux revenus d’activité et la solidarité entre les générations et les professions
- le maintien de la parité de niveau de vie entre actifs et retraités
- l’attachement, pour la fonction publique de l’État, au code des pensions, à la solidarité entre les secteurs
public et privé.

Pour tous : le droit à un départ en retraite à 60 ans avec un
taux de remplacement de 75 %, soit 37,5 annuités pour une retraite complète.

Pour atteindre cet objectif, il est indispensable d’obtenir de nouveaux droits.

- Les périodes de formation

L’allongement de la durée des études répond aux besoins de la société mais provoque une entrée plus tardive dans l’emploi. Pour de nombreuses professions, il sera impossible de partir à 60 ans avec une retraite à taux plein. Il faut donc revendiquer la prise en compte des années d’études, incluant tous les types de formation, y compris l’alternance ou l’apprentissage, et les stages. Pour la FSU, « tant que la
décote s’applique, les années d’étude et de formation doivent être validées gratuitement pour la durée d’assurance ».

- Les périodes de précarité

Recherche d’un premier emploi, périodes de chômage, temps partiel imposé, reconversion souvent subie, aléas de carrière sont autant d’obstacles pour obtenir une retraite décente, c’est pourquoi toutes ces
périodes de précarité doivent être validées pleinement.

- Les bonifications pour enfants, réversion, minimum garanti

Les interruptions liées aux enfants (congés parentaux et temps partiels de droit) pénalisent les femmes. Dans la fonction publique, la loi instaure la prise en compte gratuite des périodes non travaillées dans la limite de 3 ans pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier
2004, mais pas pour les enfants nés avant cette date. La FSU revendique l’extension de cette mesure et le rétablissement des bonifications pour chaque enfant à toutes les femmes sans condition, leur extension pour les enfants nés après 2003, des droits nouveaux pour ceux qui ont élevé seuls leurs enfants. Elle défend l’amélioration des départs anticipés pour les handicapés, l’extension de la réversion au PACS, la revalorisation du minimum de pension garanti, la suppression de la retraite additionnelle par intégration des primes dans le traitement.

- Pénibilité, difficulté des fins de carrière

L’intensification du travail, le manque de reconnaissance expliquent l’extension du mal-être au travail. Dans le secteur privé, la réponse est souvent une exclusion du marché du travail, niant le droit à l’emploi des salariés les plus âgés. La FSU demande des négociations sur ce sujet dans la Fonction Publique. L’usure amène nombre de personnels à vouloir « partir dès qu’ils le peuvent », souvent au détriment de leurs droits à la retraite. Si certaines catégories ont la possibilité de partir en retraite à 55 ans, pour la majorité, il n’y a pas prise en compte de la pénibilité, de la dangerosité, des horaires décalés. Ces spécificités doivent donner lieu à des améliorations pendant la période d’activité, mais aussi ouvrir le droit de partir en retraite avant 60 ans. Certaines fonctions ou conditions d’exercice pourraient valoir des bonifications d’annuité. Au-delà des conditions de travail, il faut envisager de nouvelles formes d’exercice des métiers prenant en compte les âges et les expériences acquises, et développer des perspectives de mobilité. Les modalités actuelles de la cessation progressive d’activité (CPA), véritable régression, en terme de droits, de quotité, de rémunération, ne permettent plus cette transition activité/retraite. La FSU souhaite de
nouvelles modalités reprenant les aspects positifs de l’ancienne CPA et avançant d’autres propositions pour l’améliorer et l’assouplir, en fonction des besoins.

- Accroître les financements

Pour la FSU l’augmentation des financements est indispensable, en répartissant équitablement l’effort. Cela suppose déjà un accroissement de la part de la valeur ajoutée destinée aux salariés. Les régimes de retraite sont financés par des cotisations prélevées sur les salaires, mais des évolutions dans leur mode de calcul sont nécessaires pour assurer une plus grande justice sociale et favoriser l’emploi. La taxation des revenus financiers et des patrimoines doit permettre d’inscrire plus de solidarité dans le financement des régimes de retraites.

LE DETAIL DES REFORMES

- 1993 : c’est par décret que le Premier
ministre Balladur réforme le
régime général d’assurance vieillesse,
réforme étalée sur 15 années avec
trois mesures principales :
- l’allongement progressif de la durée
de cotisation de 37,5 à 40 annuités ;
- le passage des 10 aux 25 meilleures
années pour le calcul du montant
de la retraite.
- l’indexation de la base de calcul sur
les prix au lieu des salaires.
Elle a conduit à l’abaissement du montant
de la retraite pour la majorité
des salariés mais la progressivité des
mesures et le fait que nombre de salariés
avaient des « carrières longues »
a longtemps masqué la dangerosité de
la réforme.
- 1995 : Juppé échoue à mettre en
oeuvre la deuxième étape, la réforme
des régimes spéciaux et celle du code
des pensions des fonctionnaires de l’État.
Mais le puissant mouvement d’alors
n’entraîne pas l’abrogation de la
réforme du régime général.
- 2003 : loi Fillon : nouvelle étape de
réforme pour tous.
Réforme du régime des retraites des
fonctionnaires au nom de l’équité : 40
annuités et décote. L’essentiel des
« efforts » est demandé aux fonctionnaires,
masquant les dégradations
qu’apporte la loi Fillon au régime général.
- 2007 : Sarkozy oppose « les petites
retraites » et « les faibles pensions de
réversion » aux « privilèges » des
régimes spéciaux, « oubliant » que les
réformes Balladur et Fillon sont des
machines à fabriquer des petites pensions.
Toujours au nom de « l’équité »,
il annonce la nécessité d’aligner les
régimes spéciaux sur celui des fonctionnaires.
- 21 novembre 2007 : actualisation
par le Conseil d’orientation des
retraites des projections économiques
et financières.
- Fin 2007 : réforme des régimes
spéciaux : 40 annuités et décote.
- Premier semestre 2008 : Le
rendez-vous sur les retraites est fixé
par la loi en 2008 avec l’objectif d’un
nouvel allongement de la durée de
cotisation qui devrait être portée de 40
à 41 ans de 2008 à 2012, sauf décret
contraire.

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FSU 37


Maison des Syndicats
18 rue de l’Oiselet
37550 St Avertin.


Tél/fax : 02 47 64 93 01
Mél : fsu37@fsu.fr

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