Propositions communes CFDT, CFTC, CGT, FSU, UNSA

15 décembre, journée européenne des syndicats
vendredi 10 décembre 2010
par  vm
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La crise économique amplifiée par la crise financière internationale touche durement une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en sont en rien responsables, les salariés, demandeurs d’emploi et retraités, sont les premières victimes de cette crise. Elle menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ; elle accroît les inégalités et les risques de précarité.
Cette crise est la conséquence des politiques libérales menées sur la planète. Les mesures d’austérité prises actuellement ne font qu’aggraver la crise en cours et la situation des salariés et de leur famille : blocage des salaires et du pouvoir d’achat, casse des solidarités, casse de la protection sociale, de la retraite, casse des acquis sociaux.
Les seules lois du marché ne peuvent régler tous les problèmes.
Surmonter la crise implique des mesures urgentes en faveur de l’emploi, des rémunérations et des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique.

1- Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique

De nombreuses entreprises mettent la pression sur les sous-traitants et fournisseurs, faisant supporter à leurs salariés blocages de rémunérations et pertes d’emplois. Par ailleurs, des salariés sont contraints à ces durées de travail élevées, tandis que les salariés temporaires, en intérim ou en CDD, sont les premiers à faire les frais des baisses d’activité. Des entreprises utilisent la crise pour opérer des restructurations tout en maintenant la rémunération de leurs actionnaires.
C’est intolérable et inadmissible.
Dans toutes les entreprises, quelle que soit leur situation, c’est notamment en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera assurée.
Dans les entreprises et la fonction publiques, il est indispensable de répondre aux besoins de notre société et de la population et leur attribuer les moyens nécessaires. Le gouvernement doit abandonner une politique aveugle de suppression d’emplois et penser autrement l’évolution des services publics dont la qualité et l’emploi constituent une question centrale.
La situation des salariés précaires du public appelle des mesures de justices sociales.

2- Politiques salariales : améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités

Les exigences des actionnaires ont conduit dans beaucoup d’entreprises, à l’accroissement des inégalités. Elles se sont aussi traduites par une redistribution des richesses, privilégiant le versement de dividendes au détriment des salaires et de l’investissement.
Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les négociations salariales doivent assurer au moins un maintien du pouvoir d’achat et une réduction des inégalités.
Les allègements de cotisations sociales doivent être conditionnés à la conclusion d’accords salariaux.

3- Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat

Il est de la responsabilité de l’Etat et de l’Union Européenne de décider de politiques d’interventions publiques coordonnées favorisant une relance économique. Celle-ci doivent viser à la fois :
- Une relance par la consommation, en améliorant le pouvoir d’achat, en priorité des revenus les plus modestes parmi lesquels de nombreux salariés, demandeurs d’emploi, retraités et bénéficiaires de minima sociaux ;
- Une politique de développement de logement social à la hauteur de l’urgence, un encadrement des loyers et un accès au crédit dans des conditions excluant les taux usuraires ;
- Une protection sociale (santé, retraite …) dans un cadre collectif et solidaire ;
- Des investissements ciblés, en particulier en matière d’infrastructures, d’équipements publics et de services publics, en favorisant la recherche, le développement, l’éducation et la formation.
Les investissements publics et privés doivent notamment être orientés en faveur d’une économie du développement durable.
- Toute aide accordée à une entreprise doit être ciblée et faire l’objet de contreparties. Elle doit être conditionnée à des exigences sociales, en particulier en matière d’emploi. Elle doit être l’objet d’une information et d’un avis préalable des élus représentant des salariés.

4- Préserver et améliorer les garanties collectives

Les conditions de vie et de travail pour les salariés des secteurs privé et public, passent par l’amélioration du cadre collectif. C’est pourquoi il faut :
- Abroger les dispositifs légaux qui ont conduit à remettre en cause la réduction du temps de travail
- Ouvrir des négociations sur l’avenir de notre système de retraite ;
- Respecter le dialogue social ;
- Face à la révision générale des politiques publiques (RGPP), mettre en œuvre des réformes porteuses de progrès social.

5- Réglementer la sphère financière internationale

Cette réglementation doit mettre un terme à la spéculation, aux paradis fiscaux, à l’opacité du système financier international et encadrer les mouvements de capitaux. L’union européenne doit être au premier plan pour l’exiger.
Il faut aussi imposer le respect des droits fondamentaux sociaux et des normes internationales de l’OIT dans tous les échanges internationaux. L’aide publique au développement doit être maintenue et améliorée. C’est ce que demande le mouvement syndical européen et international.

Les organisations syndicales invitent les salariés à débattre de ces propositions et à décider des actions les plus appropriées sur leurs lieux de travail.

St Avertin, le 9 décembre 2010

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