La réforme de l’évaluation des enseignants menace les valeurs républicaines de l’école primaire publique

Syndicat National des Personnels d’Inspection
lundi 9 janvier 2012
par  vm
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En justifiant la réforme de l’évaluation des enseignants par un discours de nécessaire modernisation, le ministère de l’Éducation nationale cherche à minimiser les transformations fondamentales qu’elle engage. Une approche superficielle de la question pourrait se réjouir de la modification d’une procédure évaluative qui, en tout état de cause, mérite d’être réformée. On pourrait mettre en avant l’épreuve qu’elle constitue pour la majorité des enseignants comme les incohérences qu’elle peut présenter notamment quand l’inspecteur agit hors d’un cadre méthodologique explicite et sans principes déontologiques rigoureux. On peut être séduit par l’idée que l’autoévaluation serait a priori plus responsabilisante et que la suppression de la note permettrait d’échapper aux confusions que l’inspection évaluatrice entretient, au travers elle, avec le contrôle hiérarchique.

D’ailleurs, la réforme n’hésite pas à trouver son argumentation dans un prétendu souhait des enseignants évoqué par une étude de juin 2011 [1] qui témoigne de l’usage politique que le ministère fait désormais des enquêtes quand on y lit que les professeurs seraient majoritairement favorables à la prise en compte de l’évaluation dans la progression de leur salaire ou qu’ils aspirent à des lettres de mission individuelles.

Sous les apparences d’une réforme à incidence interne, ce sont les bases mêmes de l’école qui sont appelées à être transformées. L’effet le plus immédiat de la réforme est la diminution de la part de la pédagogie dans l’évaluation. Le ministère a beau s’en défendre, l’abandon de l’inspection en classe produira une mise au second plan des compétences didactiques et pédagogiques. Confier la notation des enseignants du second degré à un personnel de direction, plutôt qu’à un inspecteur, aura évidemment le même effet. La circulaire de 2009 [2], qui définit les missions des inspecteurs, continuait à reconnaître la part essentielle de la pédagogie y compris quand elle évoquait, au-delà de l’évaluation, les perspectives d’un pilotage. N’y aurait-il pas quelque paradoxe à simultanément louer les vertus des résultats finlandais dont on sait qu’ils s’appuient sur une conception fondamentalement pédagogique de l’enseignement [3] et à définir une stratégie de pilotage qui préfère la comparaison des résultats plutôt que la recherche de l’adéquation des moyens aux buts ?

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[1Enquête Alixio, Consultation sur l’évolution du système d’évaluation professionnelle des personnels de l’enseignement, juin 2011

[2Circulaire n° 2009-064 du 19-5-2009

[3Paul ROBERT, La Finlande, un modèle éducatif pour la France ?, Paris, 2008


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