CDEN du 16 février 2012

jeudi 16 février 2012
par  vm
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Les mesures d’austérité sévissent en France et en Europe : elles consistent à faire payer aux seuls salariés une crise qui n’est pas la leur. De même, les 80.000 fermetures de postes dans l’éducation nationale depuis 5 ans conduisent à faire payer cette politique comptable, par la voix de la RGPP, aux usagers et aux personnels du service public d’éducation. Un service public qui n’est plus qu’un levier pour permettre à cet austère gouvernement d’atteindre ses tristes objectifs de non remplacement d’un fonctionnaire sur 2 partant en retraite.

Mais une politique qui ne considère plus que l’éducation est un enjeu pour l’avenir peut-elle espérer contenir longtemps le mécontentement des personnels et des usagers ?

Ainsi, les mobilisations ne cessent de se multiplier dans le département, dans les collèges comme Amboise, Montrésor, Château-Renault…, dans les écoles où sont mis à mal, en particulier, l’accueil des enfants de maternelle, les postes de maîtres de Rased, les capacités de remplacement…
Notre département n’échappe pas à cette logique, malgré les priorités académiques et les savantes réorganisations… Dans les écoles qui attendent 184 élèves de plus à la rentrée prochaine, ce sont 28 postes qui sont supprimés. Alors que l’OCDE pointe la France du doigt pour son déplorable taux d’encadrement, l’Indre et Loire se traîne péniblement en queue de peloton avec une moyenne départementale de 24,78 élèves par classe et un P/E (nombre d’enseignants pour 100 élèves) de 4,98… Avec la suppression de 15 nouveaux postes de RASED se sont 2500 élèves en difficulté qui ne bénéficieront plus de l’aide d’enseignants spécialisés. Combien de remplacements d’enseignants malades ne seront plus assurés suite à la suppression de 11 postes de remplaçants ? Dans ce contexte, certains élus auraient beau jeu de projeter la création de jardins d’éveil en lieu et place d’écoles maternelles : l’Etat se défausse sur les Collectivités Territoriales pour un service qui n’est pas le même, puisse qu’il s’agit de remplacer un service d’éducation par un mode de garde !
Pour 600 élèves de plus dans les collèges à la rentrée 2012, les 6 malheureuses ouvertures de divisions et les 3 créations de postes font bien pâle figure… Ainsi des effectifs par classes qui atteindront 30 voire 31 élèves. Ainsi, des groupes ou dédoublements qui ne seront plus possibles dans les disciplines scientifiques. Ainsi des soi-disant groupes de langue à 30 élèves ou des regroupements en langues sur des niveaux différents, des 4 èmesLV2 regroupés avec des 3èmes LV2 par exemple… Ainsi la multiplication des services partagés qui imposent aux enseignants de travailler sur 2 voire 3 collèges, alourdissant leur charge de travail et affectant le fonctionnement du travail d’équipe… Le collège de Montrésor par exemple, n’aura plus que 9 professeurs affectés à temps plein dans l’établissement ! Il faut dire que dans cet établissement 25 élèves de plus se traduisent par une suppression de division. Toutes ces mesures laissent craindre de nouvelles dégradations des conditions d’accueil des élèves du département à la rentrée prochaine. La qualité de l’équipement numérique dans les établissements ne pourra en aucun cas suppléer le manque de personnels…Ce sont bien les dotations de l’Etat qui ne sont pas à la hauteur.
Dans les lycées du département, l’ombre des suppressions plane aussi dangereusement : la charge de travail ne cesse d’augmenter pour les enseignants et les personnels administratifs… En cause ? La mise en place de la réforme des lycées pour les terminales à la rentrée 2012 qui semble avoir pour seule finalité la réduction des horaires et les suppressions de postes, au mépris de l’intérêt des élèves : divisions à 35, filières technologiques de plus en plus généralistes au point d’imposer aux enseignants de technologie industrielle ou de physique appliquée de se reconvertir…

Et la crise a bon dos. Car si l’Etat accuse un déficit public de 110 milliards d’€ en 2011, les pertes en recettes fiscales sous forme de cadeaux aux plus riches, s’élèvent à 158 milliards d’€ ! Une différence de 48 milliards d’€ dont une partie pourrait utilement être allouée à l’éducation.

Dans notre seul département, ce sont 200 postes d’enseignants de primaire qu’il faut ouvrir d’urgence si nous voulons permettre aux enseignants de mener à bien leurs missions ! Comment les professeurs peuvent-ils enseigner quand les élèves s’entassent à 27, 28, 30, 31 par classes dans certains collèges ? Au mépris d’ailleurs des plus élémentaires règles de sécurité !

Le conseil Général a d’ailleurs engagé une concertation avec l’ensemble de la population sur les collèges : la F.S.U souhaiterait savoir s’il est programmé un bilan des premiers ateliers, un groupe de travail spécifique ou bien un CDEN exceptionnel.

Alors que la société française se délite, alors que chaque jour ce sont 1000 chômeurs de plus qui grossissent les rangs de pôle emploi, nos voisins, les parents de nos élèves… les écarts ne cessent de se creuser entre les catégories populaires et les couches les plus aisées de la population. Face à un taux des bourses qui est bien loin d’être à la hauteur du coût de la demi- pension et de l’internat, nous constatons un nombre croissant de familles qui peinent à faire face aux dépenses. L’application en Indre et Loire, dans le cadre de la lutte contre l’absentéisme, de la suspension des bourses ou congés de bourses, est injuste : seuls les absentéistes boursiers et leurs familles sont sanctionnés. Cette mesure est par ailleurs anti éducative, puisqu’elle arrive a posteriori et complique la scolarité des élèves au moment même où ils se reprennent en main. Encore une fois, et spectaculairement, c’est l’ostracisation des élèves et des familles les plus en difficultés, plaçant certains boursiers dans l’impossibilité de déjeuner à la cantine.

La F.S.U ne peut se satisfaire d’un projet de société dans lequel l’école ne jouerait qu’un rôle de reproducteur des inégalités sociales.

Le projet d’école du socle actuellement expérimenté dans le département constitue en ce sens un véritable cheval de Troie. Les nécessités d’aménagement du territoire, souvent dues à un manque d’investissement des communes, peuvent parfois justifier le regroupement de classes de primaire au sein d’un collège afin de favoriser le travail d’équipe et la réussite de tous. Par contre, la volonté d’organiser le collège autour du socle commun et de son livret personnel de compétences relève bien d’un projet politique pour l’école qui consiste à imposer une refonte des contenus enseignés et de leurs modalités d’évaluation. Cette redéfinition des disciplines scolaires, guidée par les économies budgétaires sur le dos des élèves, cantonnerait une partie de la population scolaire à une formation utilitariste qui ne fait pas culture et ne fournit pas aux élèves les connaissances, capacités et outils qui peuvent leur permettre d’exercer leur autonomie de jugement. C’est pourquoi la F.S.U restera vigilante quant aux conditions de sa mise en œuvre et alertera les équipes pédagogiques des risques inhérents à l’école du socle.
Enfin, notre fédération ne saurait aborder ce CDEN sans interpeller une nouvelle fois sur la situation des enfants de parents dits « sans papiers » dans notre département. Outre qu’un certain nombre d’entre eux ont travaillé et cotisé pendant des années sur notre sol, des familles dont le pays est ravagé par la guerre connaissent les plus grandes difficultés à se loger, à se nourrir et à se déplacer au sein même de l’agglomération tourangelle. Des élèves ou des parents sont arrêtés devant les établissements scolaires, des familles sont contraintes de vivre recluses, sans pouvoir accompagner leurs enfants à l’école. Cette véritable « chasse aux sans papier » qui a lieu depuis plusieurs mois dans notre département est insoutenable et la F.S.U souhaite rappeler ici que l’éducation est un droit inaliénable inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme, et que le droit des enfants à vivre avec leurs 2 parents relève de la convention internationale des droits de l’enfant.

Les infos "collèges" sur le site du SNES

Les infos "écoles" sur le site du SNUipp


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