Adresse aux candidats de gauche sur le service public culturel

vendredi 13 avril 2012
par  vm
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Élection présidentielle
Adresse aux candidats de gauche sur le service public culturel

Les valeurs du service public culturel

L’accès de tous à la culture est un droit fondamental qui contribue à la formation des
citoyens ; sa bonne administration est une garantie pour la démocratie.
Le Syndicat National des Affaires Culturelles de la FSU affirme que ce droit ne doit pas
être soumis aux intérêts du marché.
Par conséquent, le service public culturel ne peut absolument pas être pris en charge par
le secteur marchand et il doit être garanti par la puissance publique. Celle-ci a une
responsabilité directe sur les services et les établissements dont elle a la tutelle, mais elle a
aussi le devoir de soutenir les activités du tiers secteur, notamment dans ses formes
associatives, d’éducation populaire, de pratiques amateurs, etc., en matière de culture.
Pour le SNAC-FSU, le bon accomplissement des grandes missions du service public
culturel est indispensable pour le développement d’individus citoyens, aptes à vivre ensemble,
ayant plaisir à vivre ensemble, accueillants aux autres et sachant concilier valeurs universelles
et sympathie pour les différences.

Contre le néo-libéralisme

Le néo-libéralisme est incapable de produire de tels individus, libres et solidaires ; il ne
produit que des clients voués à consommer du spectacle. Le néo-libéralisme n’est pas le
libéralisme classique, il n’en est que la caricature terminale, un monstre parasitaire qui se
dévore lui-même. Le néo-libéralisme, dans le domaine culturel comme ailleurs, c’est la
« barbarie douce », un système totalitaire qui ne dit pas son nom.
Le SNAC-FSU milite pour une distinction nette entre le service public culturel et les
activités marchandes et industrielles dans ce secteur. La culture n’a de sens que partagée, liée
à la gratuité et au désintéressement. La culture n’est pas seulement associée à la distraction,
elle ne se cantonne pas dans le seul « temps libre », elle imprègne et façonne la vie humaine
dans toute son épaisseur.
La culture, à travers les oeuvres comme à travers les pratiques, doit traverser le corps
social, aller vers tous les publics, susciter l’envie et la curiosité, bousculer les a priori. Pour
cela, elle doit s’ouvrir aux médiations et établir des ponts avec l’ensemble du secteur éducatif.
Elle doit sortir de la frilosité comptable pour retrouver l’élan d’une aventure.

La droite et la culture

Le SNAC-FSU considère que le quinquennat qui s’achève est à tous points de vue un
désastre culturel.
La politique culturelle du gouvernement sortant a consisté en une marchandisation
croissante de la sphère culturelle, les coups les plus brutaux ayant été portés par ceux-là même
qu’il avait placé à la tête de notre service public.
Au ministère de la culture, une entreprise concertée de destruction des structures, de délégitimation
des institutions et de démoralisation des agents a été conduite sous couvert de la
Révision générale des politiques publiques (RGPP) et de la Réforme de l’administration
territoriale de l’Etat (ReATE).
La pratique généralisée de la cooptation, la négation des compétences internes, la prise
en main des postes de responsabilité par une technocratie inculte, ont achevé de saper la
crédibilité des directions du MCC et ont rompu la confiance.

Le SNAC-FSU revendique :
- un bilan critique de la RGPP dans le domaine de la culture,
- la mise en oeuvre immédiate de mesures visant à revenir sur ses conséquences les plus
désastreuses,
- le retour à des directions d’établissements confiées aux scientifiques, le retour à une
conception d’établissements de service public et l’arrêt du modèle de l’entreprise privée.

Un état des lieux catastrophique

Aujourd’hui, les principales institutions d’Etat sont systématiquement transformées en
établissements publics (EP) et cette formule, utilisée par le pouvoir néo-libéral, sert à détruire
les liens qui faisaient l’unité du ministère de la culture.
Poussés à une autonomisation sans contrôle, les grands musées doivent vivre de plus en
plus sur le mécénat et sur leurs ressources propres. Ceci les conduit à une gestion purement
quantitative du public et du patrimoine et les oblige à renoncer à l’approche qualitative qui
était au coeur de leurs missions. En outre, ils servent de laboratoires d’expérimentation de la
régression sociale, les EP étant de plus en plus « dérogatoires » sur le plan de la gestion des
personnels. Enfin, sont mises en pratique des formules de « partenariat public-privé »
extrêmement préoccupantes.
Les établissements publics du ministère de la culture sont aujourd’hui des
baronnies qui « gèrent » leurs personnels à leur guise, externalisent à tout va
et s’affranchissent sans vergogne de la tutelle du ministère.
Dans certains cas, le ministère va jusqu’à organiser lui-même la mort de ses propres
services en favorisant la concurrence d’entreprises privées, comme c’est le cas dans le secteur
de l’archéologie. Dans d’autres cas, la majorité de droite vote des textes restreignant le
pouvoir de contrôle de la puissance publique, comme c’est le cas dans le secteur des
monuments historiques. Enfin, la destruction programmée d’emplois publics conduit à la mise en extinction de certaines filières (métiers d’art, accueil et surveillance, etc.).
Dans le domaine de la création et dans celui du spectacle vivant, ce gouvernement
assèche les crédits de soutien, condamnant à une asphyxie imminente la plupart des petites
compagnies, orchestres, associations liées à l’éducation populaire.
Dans ce domaine du soutien au tiers secteur, comme dans celui des monuments
historiques, la décentralisation culturelle n’est qu’un alibi pour un mouvement général
d’abandon de la part de la puissance publique, des transferts de compétences sans transferts de
moyens aboutissant forcément à une paralysie et à une mort à petit feu.
La destruction du service public culturel est arrivée à un tel point que ses exécuteurs ne
se cachent même plus : les projets présentés en rafale par la direction générale des patrimoines
sont totalement ineptes sur le plan scientifique et culturel (le MUCEM), quand ils ne sont pas
idéologiquement néfastes (la Maison de l’Histoire de France).

Le SNAC-FSU revendique :

- l’arrêt des partenariats public-privé dans le domaine culturel,
- le renforcement des domaines d’intervention régalienne, par exemple : un service public de
l’archéologie sans recours au secteur privé,
- la sanctuarisation de la filière « accueil-surveillance-magasinage » des établissements
patrimoniaux du ministère de la culture et l’arrêt des externalisations dans ce secteur,
- un niveau de subvention et un mode de distribution des crédits qui permette au tiers secteur
culturel de développer son travail de création et de transmission dans des conditions de
sécurité rendant justice au rôle citoyen qu’il assume au sein de notre société.

Le ministère de la culture

Le SNAC-FSU réaffirme la nécessité de l’existence d’un ministère de la culture
autonome, auquel des moyens adéquats doivent être alloués pour qu’il puisse réellement
remplir ses missions fondamentales :
- le soutien à la création,
- la démocratisation de la culture et la démocratie culturelle,
- la protection et la mise en valeur des patrimoines – matériels et immatériels.
Dans le cadre fixé par ces missions fondamentales, le ministère de la culture doit porter
une politique culturelle ambitieuse et cohérente, couvrant tous les secteurs du champ culturel.
Cette politique culturelle ne peut pas être imposée d’en haut mais doit faire l’objet d’une
élaboration démocratique dans laquelle les professionnels de la culture, et en particulier les
agents du MCC, ont une responsabilité et doivent être entendus.
Le MCC doit exercer une tutelle effective sur ses services et ses établissements publics.
A travers les Directions Régionales des Affaires Culturelles, et dans un dialogue
constant avec les collectivités territoriales, il doit garantir une égalité de tous, sur tout le
territoire.
Il doit reconnaître et promouvoir la haute valeur de tous les métiers de la culture, que
ceux-ci soient exercés par ses propres agents, par les agents territoriaux, par les salariés du
secteur marchand ou par les acteurs du tiers secteur.
Il a un devoir de sauvegarde et de transmission des métiers d’art et des professions
artistiques.

Le SNAC-FSU revendique :
- la garantie du maintien d’un ministère de la culture autonome et le renforcement du lien
entre l’administration centrale et les Directions Régionales des Affaires culturelles,
- le retour au 1% minimum du budget de l’Etat,
- la gratuité d’accès pour les établissements culturels,
- un exercice réel de la tutelle sur les établissements et un rattachement au statut général de
la fonction publique pour tous les acteurs du champ ministériel et des collectivités
territoriales ; le contrat n’est pas la solution pour les métiers de la culture,
- un ré-examen systématique des motifs invoqués par la droite pour justifier l’existence de
statuts dérogatoires pour les établissements publics,
- la garantie et le renforcement d’une recherche de haut niveau à l’intérieur de la sphère
culturelle, incluant les sciences humaines (histoire, histoire de l’art, ethnologie, archéologie,
etc.) comme les sciences de la matière et les sciences du vivant,
- l’arrêt pur et simple des « grands projets » actuellement menés sans aucune garantie
scientifique (MHF, MUCEM, CNCP de Cergy…)

Etat, culture et collectivités territoriales

Les collectivités territoriales se sont toujours engagées dans le champ culturel. Avec la
décentralisation, l’État leur a transféré de nombreuses compétences, souvent sans réelles
études d’impact et sans transférer les moyens. Aujourd’hui, ce transfert se solde par des zones
de flou et les collectivités territoriales, en particulier les régions par l’intermédiaire de
l’Association des régions de France (ARF), souhaitent un « acte III de décentralisation »
permettant de mieux fixer les champs de compétences.
Il importe que de véritables partenariats soient institués entre l’État et les différentes
collectivités territoriales. Il s’agit ainsi de préserver et d’améliorer de façon cohérente les
soutiens aux organismes et institutions qui assurent la diffusion de la culture sur l’ensemble du
territoire (écoles de musiques, de théâtre, d’art, etc ; pratiques amateurs).
Ces partenariats doivent permettre de retisser de façon active des chaînes patrimoniales
rompues par des mesures de décentralisation non réfléchies, comme ce fut le cas pour
l’Inventaire général du Patrimoine culturel.
La culture est un enjeu de société pour lequel chacun des partenaires institutionnels doit
prendre sa place afin d’établir le maillage le plus fin possible sur l’ensemble du territoire.
L’État se doit de veiller au développement de la culture qui passe par la reconnaissance
de TOUTES les cultures, régionales ou extra-nationales présentes sur le territoire du fait de la
diversité de la population.

Le SNAC-FSU revendique :
- la construction d’une véritable politique culturelle concertée entre l’Etat et les collectivités
territoriales permettant un accès égalitaire à la culture sur l’ensemble du territoire,
- la reconnaissance et la valorisation des métiers de la culture dans chaque collectivité.

Bureau national du SNAC-FSU

le mercredi 11 avril 2012

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SNAC présidentielles 2012

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